Il y a trois ans, par un jour de neige…

Il y a trois ans, par un jour de neige…

Trois ans sont passés depuis ce vendredi enneigé à Tsfat (Safed). La neige entassée dans les rues arrivait à la hauteur des genoux. Je sortais à la seule superette ouverte pour compléter quelques petites choses pour Chabat. Je me suis habillée bien chaudement, un pull, un autre, trois paires de chaussettes, et un gros manteau! Je m’en souviens comme si c’était hier.

*

En chemin vers la superette, j’oublie mon visage glacé quand je rencontre deux enfants, environs 8 et 10 ans, dans la rue, avec comme unique vêtement un gilet léger. Je ne peux pas m’empêcher de les gronder, je leur dis de rentrer tout de suite à la maison, qu’il est très dangereux de sortir vêtus comme ça avec ce froid glacial! Ils me répondent que leur mère les a envoyés acheter du lait en poudre Materna pour le bébé, et continuent leur course.

On se retrouve quelques minutes plus tard à la caisse. J’entends leurs dents claquer. « Pourquoi sans manteau? », je leur demande. « On n’en a pas ». Et le petit qui parle trop se fait gronder par son frère.

Il me restait un dernier manteau de la distribution de Yad Eliezer. Je prends leur numéro de téléphone et ils s’en vont.

Le Monsieur a la caisse a tout vu, et il me dit: « J’ai vu que vous avez pris leur numéro. Sachez juste qu’ils viennent chaque vendredi pour demander les pommes que nous n’avons pas réussi à vendre.

*

Je rentre chez moi où c’est bien chauffé, et je compose le numéro pour leur apporter le manteau. Mieux vaut un seul manteau que pas de manteau du tout… Puis je me rends à l’adresse. Leur « maison » était un studio, dans lequel vivent, une mère célibataire, avec les deux « grands » que j’ai rencontrés plus tôt, un bébé de deux ans avec un masque a oxygène, et un petit chien. La maman était contente de recevoir le manteau, mais je ne pouvais quitter les lieux en laissant cette détresse derrière moi.

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